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Le breakdance, une forme libre de street dance sur des musiques hip-hop

Le hip-hop dans la culture pop : comment cette musique a changé le monde

Par : Peter Bothum

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L’impact du hip-hop, un genre né dans les rues de New York, ne faiblit pas, bien au contraire, influençant la culture américaine sous bien des aspects.

Depuis son avènement il y a 40 ans à Brooklyn, le hip-hop fait et défait les tendances, imposant son style dans les vêtements à porter, la manière de danser et la façon de penser. De la mode au cinéma, en passant par le sport, les influences du hip-hop sont omniprésentes.

La musique d’un mouvement

Le hip-hop incarne la voix du peuple. N.W.A. (avec les albums « Straight Outta Compton » et « 100 Miles and Runnin’ ») et Ice-T (avec son groupe Body Count) ont prédit les émeutes de 1992 à Los Angeles, en Californie. Et quelques mois après la révolte, Ice Cube a capturé la colère ambiante dans son album « The Predator ». À la fin des années 1990, L.A. était aussi la capitale de la rivalité East Coast/West Coast ; une guerre entre la côte est et la côte ouest qui nous a valu d’excellents morceaux écrits par Tupac Shakur et The Notorious B.I.G. Aujourd’hui, la trêve qui dure désormais depuis vingt ans a permis l’éclosion d’une nouvelle génération de rappeurs basés à L.A., dont les paroles sont socialement engagées. C’est par exemple le cas avec le maître de la battle Dumbfoundead, le rappeur Trizz influencé par le G-funk, et l’artiste Ill Camille.

Legendary performer Ice Cube, known especially for “The Predator”

Legendary performer Ice Cube, known especially for “The Predator”
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La prise de position à Miami

Lorsque l’on parle de Southern rap, on parle généralement d’Atlanta, en Géorgie. Plus au sud, Miami, en Floride, est également un vivier du hip-hop avec des artistes comme Rick Ross, Flo Rida, Trick Daddy et Trina. Le monde du rap s’est intéressé à Miami en premier lieu grâce à 2 Live Crew, lorsque ces « party rappers » sont devenus les défenseurs inattendus de la liberté d’expression. Leur album de 1989, « As Nasty As They Wanna Be », a failli être interdit par le gouvernement américain, ce qui n’a fait que booster les ventes de l’album et encourager d’autres artistes à faire entendre leur voix.

2 Live Crew performing to an enthusiastic audience

2 Live Crew performing to an enthusiastic audience
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L’impact du hip-hop sur la mode

Lorsque Run-D.M.C. a conquis les charts au début des années 1980, des chaussures Adidas aux pieds, tout le monde s’est mis à porter des Adidas. Parmi les premières icônes mode, il y a aussi L.L. Cool J et son chapeau Kangol, et Salt-N-Pepa et ses blousons Dapper Dan de couleurs vives. L’esprit corporatif est apparu au milieu des années 1990 lorsque Snoop Dogg a commencé à porter des vêtements de sport Tommy Hilfiger. Ensuite, les artistes ont accaparé le business de la mode. Sean Combs, alias Puff Daddy ou P. Diddy, a révolutionné l’industrie au début des années 2000 avec sa marque Sean John, alliant les styles business et street. Et il a rapidement fait des émules : Jay-Z possède désormais sa ligne de vêtements Gucci inspirée de Dapper Dan, et Kanye West a lancé sa ligne chic mais basique Yeezy.

The mark of success: Run-D.M.C. branding extends to shoes

The mark of success: Run-D.M.C. branding extends to shoes
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Rap, sport et cinéma

Au début, tout le monde pensait être capable de rapper. Le comédien Rodney Dangerfield s’y est essayé avec « Rappin’ Rodney » en 1983, et l’acteur Mister T (« L’Agence tous risques ») a sorti le titre bienveillant « Be Somebody (Or Be Somebody’s Fool) » en 1984. Bien que difficiles à prendre au sérieux, ces morceaux ont ouvert la voie aux crossovers, faisant tomber les barrières entre les différents milieux et genres. Alors qu’il formait le duo à succès DJ Jazzy Jeff and The Fresh Prince avec Jazz, Will Smith, originaire de Philadelphie en Pennsylvanie, est devenu un brillant acteur de télévision et de cinéma et a continué en parallèle sa carrière musicale solo. Même les sportifs ont voulu se frotter à ce genre. L’ancien meneur des 76ers de Philadelphie, Allen Iverson, fait partie des joueurs de basket à avoir enregistré des albums hip-hop, au même titre que Shaquille O’Neal, célèbre joueur de la NBA, qui a sorti cinq albums dans les années 1990.

Le tournant

Né dans les rues de New York, dans l’État de New York, à la fin des années 1970, le breakdance était autant un symbole du rap que l’étaient les imposants radiocassettes portables. Cette street dance a évolué et de nouveaux courants ont vu le jour comme l’uprock, une danse de battle entre deux b-boys que l’on a pu voir dans les vidéos « Beat It » de Michael Jackson et « I Wonder If I Take You Home » de Lisa Lisa and Cult Jam. Puis le hip-hop a fini par passer à autre chose. En 1987, du morceau « Cabbage Patch » de Gucci Crew II naît une danse où l’on balance les bras en cercle. En 2010, le dab est inventé par Skippa Da Flippa, originaire d’Atlanta, qui le fait plusieurs fois sur le beat dans sa vidéo « How Fast Can You Count It ». Ce geste sera ensuite popularisé par ses amis du groupe Migos, et deviendra le phénomène de société que l’on connaît.

Taking a turn to perform impressive breakdancing moves

Taking a turn to perform impressive breakdancing moves
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Le jargon du hip-hop

Le hip-hop a influencé notre manière de parler. Les termes « def » (excellent) et « bad » (mauvais) viennent du hip-hop, tout comme « chill » (se détendre) (single de 1988 « You Gots To Chill » d’EPMD) et « fly » (cool) (entendu pour la première fois en 1971 dans le film « Superfly »). « Word » (carrément) a été cristallisé en 1986 par le single « Word Up » de Cameo, et « fresh » (frais) a été utilisé dans les noms de différents MC (Doug E. Fresh, légende des années 1980) et dans des morceaux (« So Fresh, So Clean » d’Outkast, sorti en 2000). Le gangsta rap a remis au goût du jour les termes « sucker » (type) et « chill » (cool) des années 1980, mais nous a aussi donné « G » (gangster), « gat » (pistolet) et beaucoup d’autres mots des années 1990 trop vulgaires pour être cités ici. « Shizzle » et d’autres variantes ont émergé dans les années 2000.

The hip hop duo Outkast got their start in Atlanta, Georgia

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L’impact du grand écran

Des films comme « Breakin’ 2: Electric Boogalo » de 1984 et « Krush Groove » de 1985 ont contribué à la percée du hip-hop dans la culture mainstream en fournissant une playlist et quasiment un mode d’emploi aux apprentis breakdancers. Plus tard, l’impact du hip-hop sur la culture américaine s’est renforcé. Le film de Spike Lee « Do The Right Thing » de 1989, tourné à Brooklyn, puis « Boyz N The Hood » de 1991 et le biopic « N.W.A.: Straight Outta Compton » de 2015, tous deux tournés à Los Angeles, ont permis de faire connaître ce monde dont beaucoup ignorait l’existence. En 2005, « Hustle and Flow », qui se passe à Memphis dans le Tennessee, a capturé l’essence du rap game mieux que n’importe quel autre film américain grâce au titre phare de sa B.-O., « It’s Hard Out There for A Pimp », qui a remporté l’Academy Award de la meilleure chanson originale.

Cast and crew members of the 2005 movie “Hustle and Flow”

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